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Les petites ablutions (al-wûdu) Version imprimable
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D’après Anas, le Prophète r a dit : “Quand l’un de vous somnole durant la prière, qu’il aille dormir et attende qu’il soit en état de savoir ce qu’il récite”.
II ne faut pas perdre de vue que l’ablution doit être faite uniquement en vue de Dieu et pour obéir à Ses prescriptions, dans l’attente d’obtenir Son agrément et d’être purifié de ses fautes. Le croyant doit se convaincre que sa purification le destine à s’entretenir avec son Créateur et, de ce fait, de se présenter devant Lui dans un état complet de pureté et d’humilité.
1. Leur mérite
De nombreux hadîths signalent le mérite des ablutions. La mention de quelques uns d’entre eux nous indiquera l’importance que la religion de Dieu leur accorde.

Selon Abû Hurayra, le Prophète r a dit : “Les gens de mon peuple seront appelés au Jour de la résurrection, le front marqué par une tâche blanche, conséquence de leurs ablutions. Que celui d’entre vous qui pourra élargir sa tâche, qu’il le fasse”.
Suivant al-Bard Ibn ‘Âzib, le Prophète r lui a dit: “Lorsque tu t’apprêtes à rejoindre ton lit, fais tes ablutions comme celles que tu effectues pour la prière, puis allonge-toi sur ton côté droit. Ensuite, dis :
“Ô mon Dieu, je soumets mon visage à Toi.
Je Te confie l’intégralité de mes affaires.
Je m’appuie sur Toi à la fois par désir et par crainte de Toi, car on ne saurait trouver meilleur refuge et assistance qu’auprès de Toi.
Ô mon Dieu, je crois au Livre que Tu as révélé et à Ton Prophète r que Tu as envoyé.»
Si tu meurs cette nuit-là, tu mourras dans la foi de ta prime nature”.
Allâhumma aslmantu wajhî ilayka, wa fawwadtu ’amrî ilayka, wa alja’tu zahrî ilayka raghbatan wa rahbatan, lâ malja’a wa lâ man-jâ illâ ’ilayka, ’âman-tu bi kitâbika alladhî anzalta, wa bi nabiyyika alladhî arsalta.
“Lorsque le serviteur de Dieu se gargarise, a dit le Prophète r, les péchés sortent de sa bouche. Quand il aspire l’eau par les narines, les péchés sortent de son nez. S’il lave sa figure, les péchés sortent de son visage et sous les cils de ses yeux. Après avoir lavé les mains, les péchés sortent de ses mains et desous les ongles de ses doigts. Aussitôt qu’il s’humecte la tête, les péchés sortent de sa tête et de ses oreilles. Une fois qu’il se lave les pieds, ses péchés se dégagent de ses pieds et desous les ongles de ses orteils. Ensuite, sa marche vers la mosquée et sa prière constituent un acte surérogatoire”.
“Voulez-vous, a dit le Prophète r à ses compagnons, que je vous indique ce par quoi Dieu efface vos péchés et vous élève de plusieurs degrés.... C’est l’accomplissement des ablutions selon les règles tout en surmontant les contraintes qui l’accompagnent, l’abondance des enjambées vers les moquées et l’attente des heures de la prière l’une après l’autre. Tel est le combat dans le sentier de Dieu. Certes, tel est le combat dans le sentier de Dieu”.
“Les traits caractéristiques qui résident en l’homme sont: l’utilité: Dieu s’en sert pour rendre salutaire toutes ses oeuvres; la pureté dans sa prière: Dieu en use pour lui faire racheter ses péchés. Sa prière s’inscrira alors à son compte dans le chapitre des actes surérogatoires”, précisa l’Envoyé de Dieu.
2. Les prescriptions (al-farâ’id)
Les ablutions s’ordonnent selon six prescriptions qui les valident. Elles perdent leur validité si l’une d’elles venait à faire défaut.
Leur énumération suivie d’explications succinctes donnera un meilleur éclairage.
 a. L’intention constitue la première condition. Cela consiste à manifester sa sincère volonté d’effectuer les ablutions en respectant ses règles et en recherchant l’agrément de Dieu. C’est une attitude dictée directement du cœur, sans avoir donc légalement besoin d’en faire préalablement un acte verbal. Cette obligation dérive de cette parole de l’Envoyé de Dieu: “Les oeuvres procèdent de l’intention. A chaque homme revient ce qu’il se propose de faire”. C’est dire que toute action, qui n’est pas précédée d’une bonne intention, se dépouille de sa valeur normative.
 b. Le lavage, une seule fois, du visage : il consiste à répandre de l’eau du haut du front jusqu’au bas du menton et de l’extrémité d’une oreille à l’autre.
c. Le lavage de l’avant-bras: son obligation se conforme à la manière dont l’Envoyé de Dieu effectuait ses ablutions. Il ne renonça jamais à son application.
d. L’acte d’humecter la tête : il se réalise par un mouvement complet des mains collées à la surface de la tête. Autrement dit, le fait de coller seulement la main ou les doigts ne s’appelle pas “mash”. Cependant, il n’est pas exigé d’humecter l’ensemble de la tête. Il suffit de faire passer l’eau sur une partie de ce membre. A ce sujet, le Prophète r recourut à trois manières:
* Il essuya sa tête en faisant un aller-retour avec ses mains. Il commença de l’extrémité supérieure du front et alla jusqu’à la jointure de la tête et du cou. Ensuite, il ramena ses mains à l’endroit initial.
* Il se contenta seulement de passer ses mains imbibées d’eau à même le turban qu’il portait. Il en fit de même de ses pieds qu’il humecta sans enlever ses mules. A cet effet, il a dit: “Humectez vos sandales et ce que vous portez comme coiffure”. D’autres hadîths vont dans le même sens.
* Il humecta à la fois le turban et le toupet (la touffe de cheveux sur le crâne). C’est dire que le fait d’humecter la partie des cheveux qui dépasse une coiffure ne suffit pas.
e. Le lavage des pieds jusqu’aux chevilles sans oublier les talons sur lesquels le Prophète r ne manqua pas d’insister fortement. “Malheur aux talons, a-t-il dit. Prémunissez-vous contre le Feu”. Il répéta, au même moment, deux ou trois fois cette mise en garde.
 Les quatre dernières prescriptions obéissent à l’injonction coranique : «Vous qui croyez, si vous vous mettez en devoir de prier, alors rincez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes, passez-vous la main mouillée sur la tête et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles». (Coran, S5/V6)
 f. Suivre les dispositions établies par le Coran: Il est indispensable de suivre l’ordre institué par Dieu pour chacun des membres mentionnés dans le verset ci-dessus. “Commencez par quoi Dieu commença”, a dit le Prophète r.
 Etant une question relevant des ‘ibâdât, il ne viendrait pas à l’esprit des croyants d’en déranger les priorités. 
3. La tradition (sunna)
 La Sunna couvre l’ensemble des paroles et des actes de l’Envoyé de Dieu. Du point de vue des ablutions, elle comporte des pratiques que le Coran ne mentionne pas mais que la première génération de Musulmans observa, suivant à cet effet l’exemple donné par l’Envoyé de Dieu.
 Il n’y aucun blâme à l’encontre de celui qui oublie de s’y conformer. Il n’en reste pas moins que celui qui s’abstient volontairement d’observer la tradition commet un acte qui s’inscrit dans le chapitre des choses détestables (makrûhât). En fait, il se prive d’une rétribution égale à la valeur de la pratique considérée.
 Voici les grands traits de la Sunna dans le domaine des petites ablutions.
 * Le siwâk (cure-dent): C’est un bâtonnet ou tout autre objet dur au toucher dont on use pour frotter les dents: la préférence va à l’arac que l’on trouve au Hijâz, en raison d’une de ses caractéristiques, celle de fortifier les gencives. Le Prophète r a dit :
 “Si je ne craignais pas d’alourdir la tâche des membres de ma communauté, je leur aurais ordonné le “siwâk” à chacune de leurs ablutions”.
 * Laver trois fois les mains jusqu’aux poignets avant le début des ablutions : c’est une recommandation que nous ne saurions négliger en diverses circonstances.
 “ Lorsqu’un de vous se réveille le matin, il ne doit pas tremper sa main dans un récipient avant de la laver trois fois car il ignore dans quoi il l’a mise durant son sommeil ”, a dit le Propohète.
 Ceci est valable pour tous les autres moments des ablutions car on ne sait jamais si nos mains n’ont pas été posées sur une impureté.
 * Se gargariser trois fois la bouche: “ Que celui qui fait ses ablutions rince sa bouche ” de sorte à expurger les mauvaises odeurs et à éliminer les miettes du manger.
 * Aspirer et rejeter l’eau des narines trois fois: “ Lorsqu’un de vous fait ses ablutions, qu’il mette de l’eau dans son nez puis la rejette ”, a dit le Prophète r.
 Il est ordonné de prendre de la main droite le liquide pour l’introduire dans les narines et d’employer la main gauche pour l’opération inverse. Des précautions doivent être prises en période de jeûne. Le Prophète r a dit: “ Multiplie à fond l’aspiration de l’eau à moins que tu ne sois en état de jeûne ”.
 * Faire pénétrer l’eau dans la barbe: Quand l’Envoyé de Dieu accomplissait ses ablutions, il prenait une poignée d’eau et l’introduisait, sous le menton, à travers la barbe. “C’est ainsi, a t-il dit, que Dieu m’ordonna de faire”.
* Faire pénétrer l’eau entre les doigts et les orteils: “Introduis l’eau, a dit le Prophète r, entre les doigts de tes mains et les orteils de tes pieds”. L’Envoyé de Dieu a été vu agir de la sorte en utilisant son auriculaire quand il arrivait au lavage des pieds.
 Ainsi, la sunna apporte des compléments au Coran quant à la pratique des petites ablutions. Mieux encore, elle dicte d’autres manières d’opérer en ce domaine afin de revêtir la purification de toute son authenticité.
 Bien que relevant de la tradition et bien qu’elle soit semi-obligatoire, leur application est indispensable car elles complètent ce pourquoi les petites ablutions sont destinées.
 * Commencez toujours par laver la main droite et le pied droit avant la main et le pied gauche. Ceci est valable pour toute autre action. “Si vous vous habillez et si vous faites vos ablutions, commencez par vos parties droites”, précisa le Prophète r.
 Le lavage des membres se réalise l’un derrière l’autre. Il ne convient ni de s’occuper d’autre chose durant les ablutions, ni de les interrompre pour aller vaquer à une autre affaire et ensuite revenir les terminer.
 * Laver l’intérieur des oreilles avec l’index et l’extérieur avec le pouce en utilisant l’eau qui sert à essuyer la tête. Telle fut la méthode appliquée par l’Envoyé de Dieu. Les compagnons l’imitèrent ainsi que toutes les autres générations.
 Le recours, à trois fois, du lavage des membres n’implique pas qu’un nombre de fois moindre ne soit pas valable. L’essentiel est d’effectuer l’opération d’une manière parfaite. Cependant, n’étant pas certain d’atteindre la perfection en une seule fois, il est préférable de s’en tenir à la tradition tout en s’y conformant scrupuleusement et avec un grand soin.
Récapitulation
Le procédé des ablutions se conçoit de la manière suivante selon la récapitulation qu’en fait Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî, de rite mâlikite, dans son livre “La Risâla”:
 Placer le récipient d’eau à droite, ce qui permet de prendre l’eau plus facilement. A partir de là, le croyant se lavera trois fois les mains avant de les plonger dans le récipient. S’il a uriné ou déféqué, il effacera ces souillures et se lavera les mains.
 Puis, il plongera la main dans le vase, y prendra de l’eau, se rincera la bouche par trois fois en une seule prise ou en trois, à son gré. S’il se cure les dents avec le doigt, cela est considéré comme recommandable.
 Puis, il aspirera par trois fois l’eau par le nez et la rejettera en soufflant par les narines. Pour cela, il placera la main sur le nez comme il se mouche.
 Moins de trois rinçages (madhmadha) de la bouche et de trois aspirations (istinshâq) de l’eau par le nez sont considérés comme suffisants et valables. Rinçage et aspiration peuvent être faits avec une seule prise d’eau. Mais il vaut mieux faire chacune de ces opérations avec le nombre maximum de prises.
 Puis, à son gré, il prendra des deux mains ou de la main droite seulement, mais, de toute façon, il devra se mouiller les deux mains, portera cette eau à son visage, la répandra dessus en le lavant des deux mains à partir du haut du front, c’est-à-dire à partir de l’endroit où les cheveux poussent jusqu’à l’extrémité du menton (ou de la barbe), en englobant toute la partie comprise entre les deux os de la mâchoire et les tempes.
 Il se passera les deux mains sur les parties externes des paupières qui se logent dans les orbites, sur les rides de son front et sur la partie inférieure externe du cartilage nasal. Il lavera ainsi son visage par trois fois en y portant l’eau.
 Il secouera sa barbe, en se lavant le visage, des deux mains, afin que l’eau y pénètre et cela parce que les poils ont tendance à écarter l’eau qui les touche. Mais il n’est pas tenu d’y passer les doigts quand il s’agit de l’ablution simple, selon l’opinion de Mâlik. Il passera seulement les deux mains dessus, jusqu’à l’extrémité.
 Puis, il se lavera la main droite trois fois en répandant de l’eau dessus, il la frottera avec sa main gauche, entre-croisera les doigts de ses deux mains en les frottant. Ensuite, il procédera de même pour le lavage de la main gauche. Dans le lavage des deux mains, il ira jusqu’aux coudes inclus
Ensuite, il prendra de l’eau dans la main droite, il la répandra dans le creux de la main gauche et il se passera les deux mains sur la tête en commençant par la partie antérieure, depuis l’endroit où les cheveux poussent. Il aura joint, pour ce faire les extrémités des doigts sur la tête et mis ses pouces sur ses tempes puis, il passera ses deux mains sur la tête jusqu’à l’extrémité des cheveux sur la nuque et il les ramènera à l’endroit initial, et, avec ses deux pouces, il longera la partie qui se trouve derrière les oreilles pour arriver jusqu’aux tempes.
 Puis, il se versera de l’eau sur les deux index et les deux pouces et, s’il veut, il les plongera dans l’eau, puis il passera les mains sur les parties externes et internes du pavillon de l’oreille.
 La femme se passera les mains sur la tête et les oreilles de la façon que nous avons décrite et aussi sur les cheveux qui pendent sur ses tempes, mais non pas sur le tissu qui préserve sa chevelure, et elle fera pénétrer ses mains sous ses tresses dans le mouvement de retour de la nuque vers le front.
 Puis, il se lavera les pieds en versant de l’eau de la main droite sur le pied droit et en le frottant de la main gauche petit à petit, mais en entier, et, ce par trois fois. S’il le veut, il passera alors ses doigts entre ses orteils. Il peut certes, s’en abstenir, sans inconvénient grave, mais, il vaut mieux le faire pour lever tout scrupule. Il se frottera les talons et les tendons d’Achille. Quant aux parties où l’eau ne pénètre pas facilement, c’est-à-dire les callosités et les fentes, il devra les frotter vigoureusement en versant de l’eau avec sa main. Il procédera pour le pied gauche de la même façon que pour le pied droit.
4. Invocation (du‘â’)
 Le Prophète r invoquait chaque fois Dieu avant et après avoir effectué ses petites et grandes ablutions en vue de s’acquitter de ses prières. Voici celles que l’orant peut réciter avec l’espoir que sa purification et son office soient agréés par son Créateur.
 Avant l’ablution ou le lavage, l’orant prononce cette invocation : “O mon Seigneur ! pardonne-moi mes péchés, élargis pour moi ma maison et répands la bénédiction sur ma subsistance”.
 Allahumma ghfir lî dhanbî, wa wassi‘ lî dârî, wa bârik lî fî rizqî
“Celui qui, après avoir terminé correctement ses ablutions, dit :
 “Je témoigne qu’il n’y a de divinité que Dieu, unique et sans associé et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Envoyé. Seigneur ! compte-moi au nombre des repentis et des purfiés”.
 Celui-là trouvera les huit portes du Paradis ouvertes devant lui et il y entrera par celle qui lui plaira.
Ash-hadu an lâ ilâha illâ l-lâhu wahdahu lâ sharîka lahu; wa ash-hadu anna Mohammadan ‘abduhu wa rassûluhu. Allahumma aj‘alnî mina t-tawwâbîna, waj‘alnî mina l-mutatahhirîn.

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D'après Abu Hurayrah (que Dieu l'aggrée), le Messager de Dieu (S.B) a dit : Dieu a dit: Les fils d'Adam blâment [les vicissitudes du] le Temps, et Je suis le Temps, dans ma Main est la nuit et le jour (1). (1) Comme le Tout-Puissant est l'Ordonnateur de toutes choses, blâmer les malheurs relatifs au Temps équivaut à Le blâmer. Rapporté par al-Bukhari (aussi par Muslim).

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